Extrait : Vengeance dans l’arc-en-ciel

Chapitre 1

 

 

— Quoi ? Tu me quittes ?

Mon visage se décompose littéralement. Comment ose-t-il ? Pourquoi ? Je tente de trouver une explication, enfin, je veux juste comprendre.

— C’est pour un mec c’est ça ! ajouté-je.

Il ne peut pas me quitter ainsi.

— Non, pour une femme.

— Je suis sûre qu’elle est moche, rétorqué-je.

— Non, elle est mannequin.

— Ça ne veut rien dire, il y a des mannequins moches aussi.

Il reste totalement calme, comme s’il se fiche de ma réaction. Visiblement, notre relation ne signifiait rien pour lui. Dire que j’avais investi sept ans dans notre relation pour finalement me faire larguer ainsi.

En plus, monsieur m’avoue son infidélité. Cette salope s’appelle Myriam et ils sortent ensemble depuis quatre mois. Quatre mois derrière mon dos !

Il tente de se justifier. Soi-disant, il l’aime et qu’on ne peut rien faire face à l’amour.

— Je m’en fiche ! m’exclamé-je excédée.

Dans un accès de rage, je lui montre avec insolence mes deux majeurs — si seulement j’en avais davantage — et pars en claquant la porte.

Une fois dehors, je me rappelle de la situation. On est chez moi. Je reviens à l’intérieur et lui ordonne de déguerpir. Je ne veux plus le voir.

— Et mes affaires ? demande-t-il.

Je bouille de rage, mes poings se resserre. Il le fait exprès ou il est juste con ?

— Tu dégages sale enculé ! m’écrié-je hors de moi. Tes affaires tu les retrouveras dans la poubelle à côté des rats !

Il semble surpris. Comment ose-t-il écarquiller ses horribles yeux ? C’est moi qui devais être choquée, pas lui.

Je croise les bras en attendant son départ. Pourquoi reste-t-il aussi calme ? J’ai une soudaine envie de le gifler juste pour que son visage prenne une autre expression.

— Je reviendrai chercher mes affaires demain.

— Non, demain je suis à la maison, je ne veux pas te voir.

Mes yeux se plisse et je tente d’adopter un regard terrifiant. Il ne réagit pas, encore une fois. A-t-il une autre expression que son visage de poisson mort ?

— Je suis désolé mais—

— Ta gueule ! Je veux pas entendre encore ton discours de merde !

Son visage est toujours aussi vide. Les émotions, ce n’est pas son truc, comme tous les connards.

Il finit par partir et je peux enfin soupirer de soulagement. Je n’avais plus à le voir pour aujourd’hui et peut-être pour jamais. Du moins, c’est ce que j’espérais. Rien que de voir sa tronche de poisson écrasée me donne envie de le frapper !

Évidemment, il sort la carte de l’amour. Et moi ? Je suis quoi ? Visiblement, il avait oublié qu’il m’aimait ! Notre relation c’est de la merde comparé à sa chère Myriam. Je ne vais pas le laisser s’en sortir aussi facilement. Je dois avoir ma vengeance. Briser son couple est une idée intéressante. Je serais capable de le séduire uniquement pour le larguer à mon tour de la même manière. Mais avant tout, je dois observer la concurrence…

*

Je suis posée sur la terrasse d’un café quelconque, lunettes de soleil et un journal dans les mains. D’après ce que j’avais compris ou ce que j’avais espionné dans le portable de Damien, ils vont se retrouver ici.

Je me cache derrière mon journal, faisant mine que l’économie m’intéresse. Je lis la première phrase « la bourse… ». Non, laisse tomber. L’économie me fait gerber, tout autant que la tronche de Damien.

Un serveur s’approche de moi :

— Bonjour, que puis-je pour vous ?

— Dégage, je fais de l’espionnage.

Il semble surpris et commence à me réprimander. Je ne dois pas profiter de la terrasse sans prendre une boisson.

— Je veux un café chaud, très brûlant, tellement que si je le lance dans la gueule de quelqu’un ça lui défigurera la tronche.

Bien qu’étonné, il part puis revient avec mon café au bout de quelques minutes. J’ai une arme de prête. Être maladroite est une qualité, en particulier face à son ex.

Une femme de taille moyenne à la longue chevelure brune et aux formes exagérées arrive et se plante à l’entrée, comme si elle attend quelqu’un. Elle est bien trop bonne pour lui. Ce nul ne peut pas se taper un canon comme elle.

Damien arrive et embrasse cette splendeur. Quoi ? C’est elle Myriam ? Cette bombe ? Et lui il peut se taper une femme comme elle ? Mais non ! Il ne drague jamais personne, personne ne veut de lui ! Personne ne veut de ce Playmobil ! Mis à part moi, la conne de service bien sûr…

Ils s’embrassent langoureusement. Je suis persuadée qu’ils vont se déshabiller et le faire en public comme des bêtes sauvages. Ça me fait penser aux documentaires animaliers, ceux qu’on a tous vus en pensant découvrir le sexe (sauf moi). Leur échange se prolonge et ils posent leurs mains partout sur le corps de l’autre.

Un cri strident m’échappe :

— Mais c’est dégueulasse putain !

Tous les regards se tournent vers moi, en particulier ceux de Damien et sa top-model. Merde ! Je suis grillée !

Je balance mon café dans leur direction, jette le journal par terre et dans ce même élan de stupidité, prends mes jambes à mon cou pour fuir.

*

Une fois rentrée à la maison, je me rends compte de toutes les affaires de Damien qui encombrent mon espace personnel. Et puis je repense à sa salope. Ça me met hors de moi.

Je prends ses affaires et les jette une à une par la fenêtre. Je peux observer ses immondes affaires. Je me rappelle à quel point je les déteste.

En particulier le vase pourri de sa mère. Quel cliché de ne pas aimer sa belle-mère, mais quand il m’a présentée à elle, elle m’a dit, mot pour mot « Mouais, tu es moche et sans classe. Votre relation ne va pas durer et je ne veux pas que tu sois la mère de mes petits-enfants ». Et dire que je m’étais battue pour me faire accepter ! Pour un connard qui me largue pour une femme si superficielle !

En voyant ce vase se briser par terre, j’explose de rire, puis celui-ci prend une tournure diabolique. Je continue alors de jeter les objets, en particulier les objets fragiles. Je prends sa console dans mes mains. Il va me détester à tout jamais pour ça, tant mieux.

— Qu’est-ce que tu fais ?

Mes yeux se dirigent alors vers cette voix. Damien. Encore lui !

— Ça ne se voit pas ? Je fais le ménage !

— En jetant mes affaires par la fenêtre ?

— C’est une nouvelle technique à la mode. Tout ce à quoi tu comptes sera détruit !

— Tu penses vraiment détruire quelque chose depuis le rez-de-chaussée ?

Non mais en plus il se croit malin ! J’ai envie de lui tordre son cou.

— Pas de ma faute si on n’a qu’une maison à un étage !

Je jette la console par terre. Celle-ci est amortie par l’herbe et ne prend pas le moindre dommage contrairement au vase. La Playstation est plus forte que le vase, à méditer…

— Veux-tu bien cesser d’agir comme une gamine ?

Il a toujours autant une tronche de poisson mort. J’ai tellement envie de lui arracher ses cheveux bruns. Non, mieux, prendre mon épilateur et m’amuser un peu sur son crâne. Je rigole rien qu’en y pensant.

— Pourquoi tu rigoles ?

Visiblement, mes pensées ont dépassés mes gestes. Peu importe, de toute manière, il ne vaut plus rien à mes yeux.

— Je l’ai vue ta poufiasse !

— Je t’ai justement vue nous espionner. Tu n’étais pas très discrète.

Mes poings se serrent et je me demande ce qui me retient de frapper ce Playmobil.

— Tu vas le regretter de m’avoir quittée !

Merde ! Je n’aurais pas dû dire ça ! Maintenant il sait que j’ai un plan derrière la tête.

— Et que comptes-tu faire ? demande-t-il avec un air malin qui me donne davantage envie de la gifler.

Je gémis de rage et continue de balancer ses pourritures par la fenêtre.

— Horreurs gratos ! Qui veut ?

Il lève les yeux au ciel. Comme s’il était celui à plaindre ! Il est quand même celui qui m’a trompée, celui qui a fourgué sa queue ailleurs ! Maintenant, je les imagine coucher ensemble alors que moi j’étais peut-être juste en train de travailler ou avec des amies.

— Je te hais ! crié-je.

Il se fiche de mes remarques comme d’habitude. En fait, il ne m’avait jamais écouté quand nous étions ensemble. Combien de fois lui avais-je dit d’arrêter d’acheter des fringues pourraves ? De toute façon, ce mec ne sait pas s’habiller sans l’aide d’une femme.

Il reprend ses vêtements d’un air placide et s’en va sans dire un mot de plus. Sérieusement ? Il m’évite complètement ! Han le fils de— Je suis incapable de trouver une insulte assez forte pour le décrire.

Mais je dois tout de même me venger. Il ne mérite pas de filer le parfait amour avec cette autre femme. Il faut que je lui fasse mal et qu’il ne s’y attende pas. Briser son couple est évident… mais si je tente un brin de folie et je drague « sa » Myriam. J’imagine déjà sa tête en voyant ses ex coucher ensemble. Au moins, ça lui changera son expression de poisson périmé.

J’ai mon plan désormais, il ne me manque plus que de le mettre en action…

 

» Lire la suite sur Wattpad